A lire dans les Ecchos de Cette semaine Bio
Le vin biologique français en plein boum
Le vin issu de l'agriculture biologique est depuis quelques années en pleine progression en France où il grignote des parts de marchés, comme en témoigne la 19e édition du salon "Millésime bio" qui se tient jusqu'à mercredi à Montpellier. Avec 50.116 hectares pour 3.898 producteurs (fin 2010), le vignoble vert hexagonal, tiré par le Languedoc-Roussillon (16.462 ha) et la région Paca (11.209 ha), représente 6% de l'ensemble du secteur. Et au niveau mondial, il se classe au troisième rang, derrière l'Espagne (57.232 ha) et l'Italie (52.273 ha), mais devant les Etats-Unis (11.448 ha) ou l'Asie (2.424 ha). "Depuis 2010, nous avons atteint les objectifs du Grenelle de l?Environnement pour 2012", se félicite le président de l'association interprofessionnelle des vins biologiques du Languedoc-Roussillon (AIVB-LR), Thierry Julien. "Il y a une explosion des conversions au bio (+28%)", ajoute le patron de ce salon qui accueille 600 exposants et attend 3.000 visiteurs. Poitou Charentes (+87%), Aquitaine (+63%), Champagne (+59%): partout des viticulteurs du premier producteur de vin au monde (50 millions d?hectolitres en 2011) se lancent dans le bio. "Sans sacrifier à la quantité et à la qualité", assurent des précurseurs du bio, comme Dominique Pons à Saint-Nazaire (Gard) ou Rémy Soulié à Saint-Chinian (Hérault). Il est vrai qu'aujourd'hui, les vignerons sont encouragés à produire bio. Ce qui n'était pas le cas dans le passé. "On m'a traité de fou, de marginal. La Chambre d'agriculture faisait barrage. La banque refusait de me prêter de l'argent", se souvient M. Pons, fier d'arborer sa médaille de pionnier.
Avant l'arrivée des désherbants dans les années 1950-1960, tout le monde faisait du bio. Sans le savoir. "Avec les produits, on a eu la possibilité de produire plus en travaillant moins. Je n'ai pas cédé même si on m'a dit que je retournais 50 ans en arrière. Et aujourd'hui, j'ai des terres qui n'ont connu ni les pesticides ni les insecticides", renchérit M. Soulié. "On a voulu que mon grand-père, Pierre, mette des engrais sur ses vignes. Il a été viré de sa coopérative. Mais lui voulait faire du vin avec du raisin", complète Julien Guillot, dont la vie a toujours été liée au bio. Son père, Alain, président de la fédération nationale de l'agriculture biologique, a imposé le logo AB. Julien Guillot, qui est à la tête du vignoble du Mayne, à Cluny (Saône-et-Loire), et se revendique comme "le plus ancien domaine bio en France" (1954), vend partout dans le monde: Etats-Unis, Japon, Australie... Et se réjouit de voir "l'intérêt" se développer en France. "C'est à cause des scandales alimentaires, à commencer par la vache folle", estime-t-il. En termes de ventes, le secteur a gagné 8% en un an pour atteindre 322 millions d'euros, soit un peu moins de 10% du marché de l'ensemble des produits biologiques en France (3,4 milliards d'euros en 2010). Son potentiel apparaît élevé si l'on considère que 53% des Français (sondage Ipsos pour le salon) n'achètent pas ce vin "par manque d'habitude".
Le changement de dénomination, avec le passage d'un "vin issu de l'agriculture biologique" à un "vin biologique" cette année, tout comme l'aboutissement des négociations européennes sur la vinification qui permettraient d'adopter un logo européen, devraient renforcer une production encore en recherche d'image en termes de saveur.
"La plupart des très grands vins français proviennent de la culture bio mais ils ne communiquent pas sur cet aspect", constate toutefois M. Julien.
Par Rémy ZAKA
Bonne et heureuse nouvelle année (sans résidus si possible)
En préambule pour cette nouvelle année, voici un petit rappel d'une étude de l'an passé demandée par les associations du Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe), dont le MDRGF, publient les résultats d’une campagne d’analyses réalisée sur des vins d’Europe et du monde entier et dénoncent la contamination généralisée de ces vins par des résidus de pesticides.
L’Etude. L’étude a été coordonnée par PAN-Europe, et soutenue par le MDRGF pour la France, Global 2000 pour l’Autriche et Greenpeace Allemagne. 40 bouteilles de vin rouge ont été analysées, en provenance de France, d’Autriche, d’Allemagne, d’Italie, du Portugal, d’Afrique du sud, d’Australie et du Chili. 34 étaient issues de l’agriculture intensive et 6 de l’Agriculture Biologique .
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Résultats : 100% des vins conventionnels testés contaminés. En effet chaque échantillon testé contient en moyenne plus de 4 résidus de pesticides différents : les plus contaminés d’entre eux contenant jusque 10 pesticides ! |
Niveau de contamination: 5800 fois plus élevée que pour l’eau potable ! Les niveaux de contamination dans cette étude sont variables et ne dépassent pas les limites maximales autorisées (LMR). Cependant, il est à noter qu’il n’existe pas de LMR vin a proprement parler mais qu’on se réfère à celles utilisées pour le raisin qui sont très élevées. Il faut en outre préciser que les niveaux de contamination observés dans le vin sont considérablement plus élevés que les niveaux tolérés pour les pesticides dans l’eau puisque qu’on a trouvé dans certains vins testés des quantités jusqu’à plus de 5800 fois supérieures aux Concentrations Maximales Admissibles (CMA) autorisées par pesticide dans l’eau du robinet !
Risques sanitaires. Ces nombreux résidus témoignent d’une utilisation très intensive de pesticides en viticulture. Parmi ces résidus trouvés de nombreuses molécules sont des cancérigènes possibles ou probables, des toxiques du développement ou de la reproduction, des perturbateurs endocriniens ou encore des neurotoxiques .
Vins biologiques. Les vins biologiques analysés ne renferment pas de résidus de pesticides à l’exception d’un échantillon de Bourgogne dans lequel on a trouvé des quantités faibles d’un produit. Cette présence est expliquée par les dérives des pulvérisations en provenance des parcelles voisines . Cette contamination des viticulteurs biologiques, quoique rare et à de faibles quantités, est totalement inacceptable.
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« L’étude réalisée par PAN et le MDRGF montre que l’utilisation très intensive de pesticides en viticulture - 20% des pesticides utilisés sur 3% de la surface agricole - a comme conséquence la présence systématique de nombreux résidus dans les vins. Il est grand temps, conformément aux décisions du Grenelle, que la viticulture réduise sa consommation de pesticides pour réduire l’exposition des consommateurs en privilégiant les techniques alternatives aux pesticides. Ce sont ces systèmes alternatifs dont le MDRGF fait la promotion lors de la 3ème semaine sans pesticides qui a lieu du 20 au 30 mars. » déclare F. Veillerette, Président du MDRGF et administrateur du réseau PAN-Europe. |
« En outre, les représentants du gouvernement français devront absolument tout faire pour que les législations européennes sur les pesticides en préparation éliment les pesticides les plus dangereux et favorisent les systèmes qui réduisent fortement, ou se passent complètement, de ces toxiques » ajoute F. Veillerette.
Allez on ne désespère pas de pouvoir boire encore cette année...
Les cultures OGM accroissent l’utilisation des herbicides
Une aide à la décision environnementale tirée d'une étude dirigée par Geneviève De Lacour et publiée le 17 novembre 2011.
Produits,OGM
Les ministères de l’agriculture et de l’écologie ont demandé à l’Institut national de recherche agronomique (Inra) de mener une expertise scientifique sur les perspectives de développement de végétaux génétiquement modifiés pour être tolérants aux herbicides. Des végétaux TH dont la culture se développe rapidement dans le monde et en France. L’argument des entreprises qui les commercialisent, c’est qu’ils sont plus facile à employer par les agriculteurs lorsqu’ils traitent leurs champs.
Des cultures qui progressent donc puisqu’en mars 2011, le Haut conseil des biotechnologies (HCB) a été saisi pour avis d'une demande formulée par l'entreprise Monsanto, visant à l'autorisation de la culture du soja transgénique 40-3-2. «Cette lignée de soja a été génétiquement modifiée pour produire une protéine CP4 EPSPS conférant à la plante une tolérance au glyphosate (substance active contenue notamment dans l'herbicide total Round-Up™). Cette plante pourrait constituer un outil supplémentaire dans la panoplie à disposition des agriculteurs qui souhaiteraient l'utiliser, pour lutter contre les mauvaises herbes, puisqu'elle autorise des pratiques de désherbage chimique commodes et flexibles», précise le HCB dans un communiqué de presse.
Mais l'utilisation d'une plante tolérante à un herbicide total à grande échelle n’est pas sans conséquences. En tout cas, le HCB estime que ces conséquences doivent être évaluées: «A une époque où la réduction d'emploi de produits phytosanitaires constitue un enjeu majeur, il s'agit d'abord de s'assurer que l'épandage d'herbicides totaux n'entraînera pas d'effets environnementaux ou sanitaires indésirables plus importants que ceux des herbicides sélectifs actuellement utilisés, question sur laquelle les données existantes sont encore incomplètes. Il s'agit ensuite d'éviter que l'usage croissant d'herbicides totaux ne favorise le développement de plantes résistantes ce qui induirait une perte d'efficacité d'un outil précieux de lutte contre les mauvaises herbes».
L’expertise de l’Inra présenté mercredi 16 novembre a donc porté sur le caractère «tolérants aux herbicides», introduit intentionnellement dans une lignée végétale dans une démarche d’amélioration végétale. Ces végétaux génétiquement modifiés sont obtenus soit par sélection naturelle, soit par mutagénèse soit par transgénèse. L’expertise a permis d’apporter quelques éléments de réponse sur les effets agronomiques, environnementaux et socio-économiques de ces végétaux génétiquement modifiés.
En ce qui concerne l’évolution dans la consommation d’herbicides, les experts constatent qu’à court terme, «la substitution d’un programme de désherbage comportant plusieurs produits sélectifs par un herbicide à large spectre induit potentiellement une réduction des doses pour une même efficacité». Cependant, des enquêtes récentes réalisées aux Etats-Unis indiquent que cette différence de consommation d’herbicides entre végétaux TH et non TH régresse en quelques années. En d’autres termes, la consommation d’herbicides augmente sur le long terme, un phénomène observé, notamment, pour les cultures de soja et de coton. Les doses de glyphosate augmentent ainsi que le nombre de traitements «en réponse au phénomène de dérive de flore». Les agriculteurs ont également recours à des herbicides complémentaires pour lutter contre les espèces devenues résistantes au glyphosate.
Quels sont les effets de ces végétaux TH sur les mauvaises herbes? Au total, plus de 200 espèces de mauvaises herbes auraient développé des résistances spontanées aux végétaux TH. Trois phénomènes contribuent à l’apparition d’adventices peu sensibles ou résistantes à l’herbicide. Premier cas de figure: d’autres espèces d’adventices peuvent coloniser l’espace libéré par les herbicides, il s’agit du phénomène de dérive de flore. ll peut s’agir également de l’apparition spontanée de résistances chez les adventices. Le phénomène a été observé aux Etats-Unis pour le glyphosate. Dernier phénomène observé, celui de la diffusion du caractère TH parmi les mauvaises herbes: un flux de gènes s’opère entre les cultures et les adventices.
En ce qui concerne l’impact des végétaux TH sur la biodiversité, les auteurs n’ont pu examiner que les quelques études disponibles sur le sujet. Il semblerait toutefois que les effets sur la biodiversité semblent surtout liés au désherbage, c’est-à-dire à la réduction de la flore adventice et une diminution des populations de bactéries associées.
Un des arguments favorables à l’utilisation de végétaux tolérants aux herbicides est de réduire la quantité d’herbicides épandus sur les cultures et donc de limiter ainsi la contamination des sols et des nappes phréatiques. Les experts tablent donc sur une diminution globale de l’utilisation de pesticides, mais sa réalité est limitée. En effet, l’avantage d’utiliser un herbicide total pour remplacer les autres herbicides sélectifs est limité par l’écotoxicité d’un des produits de dégradation du glyphosate: l’Ampa (un acide phosphonique) qui est très stable dans le sol et peut donc migrer vers les nappes phréatiques.
Le glyphosate, l’herbicide le plus utilisé au monde depuis 20 ans, possède un produit de dégradation Ampa qui est très soluble dans l’eau et surtout persistant, puisqu’on le retrouve dans 40 % des eaux françaises. Selon l’expertise collective, le principal effet lié à l’adoption de Végétaux TH «paraît donc être l’emploi des mêmes molécules sur des surfaces plus importantes conduisant mécaniquement à des teneurs plus élevées de ces molécules dans les eaux et augmentant les risques d’atteindre les taux-limites réglementaires de potabilité».
Et donc si les effets du glyphosate sur le milieu naturel sont limités, ils demeurent bien réels.
Quelle utilisation fait la France des végétaux TH? En 2010, 35.000 hectares de tournesol TH étaient cultivés en France. Cette année, la surface cultivée est passée à 80.000 ha, ce qui représente 11% des cultures de tournesol dans le pays. Quant au colza TH, il serait en cours d’inscription.
L’adoption de ces espèces tolérantes au glyphosate est massive à l’échelle mondiale, puisque 81% des surfaces de soja dans le monde sont tolérantes à cet herbicide total. Aux Etats-Unis par exemple, 95% des cultures de betterave sont TH.
Les experts ont conclu leur présentation en rappelant qu’aux Etats-Unis, la stratégie TH est actuellement remise en cause. Ces doutes sont liés à deux constats non favorables aux cultures de végétaux TH. D’abord, l’apparition de résistances parmi les mauvaises herbes mais surtout l’augmentation de la consommation d’herbicides sur le long terme. Les experts français souhaitent donc maintenant que les évaluations soient réalisées non plus à l’échelle de la parcelle mais à celle du territoire. L’un de ses experts s’est déclaré «surpris par la fuite en avant pour éradiquer nos adventices».
"Résistons donc, même aux molécules..."
Eurogusto 2011
De quoi goûter, échanger, adhorer avec un seul mot d'ordre "le goût".
soirée de fin de vendange
Chacun finit sa saison de vendange comme il l'entend. Nous avons choisit cette année d'aller rendre visite à l'équipe de la Promenade chez J. Dallais au Petit Pressigny. Le fait d'avoir un sommelier hors pair et une cuisine d'un rafinement souvent peu égallé nous ont ravis. Attention l'abus d'alcool est peut être dangereux pour la santé, mais l'abus de bonnes choses contribue à rester en pleine forme. Voici quelques quilles dégustées, que du plaisir...
un blanc de noir racé à souhait...
l'autre option qui rempjace les vins liquoreux sur un foie gras, les jus de fanfan Gavenat 2002 (ça monte ça monte...)
les rougeots 2006 de JFCD,une merveille sur les huitres en gelée...
et un Chave 2008, septique au vue du millésime d'un premier abord sur la carte, mais quel régal...
en fin de compte que du bonheur pour cette fin de vinification 2011 !
du grain à moudre
voici deux messages complaisants de futurs amis je pense (voir commentaires du message intitulé "suite...". Outre le fait de l'anonymat (vinivitivici et vcmh) m'ont laissé deux post's d'encouragement.
En effet pour le premier, nous l'appelleront ici JC (Jules César et son fameux Veni Vidi Vici...), je dois me refuser à toute revendication à l'appellation d'origine contrôlé sous prétexte que les macérations carboniques ne sont pas ligèriennes. Malheureusement ce n'est pas moi qui ai écrit dans le décret le paragraphe autorisant cette technique de vinification pour notre AOC! Qu'il m'explique dès lors comment peut on faire pour respecter le cahier des charges? Ne devrait-on pas ainsi donner une liste exhaustive de levures, et autres intrants, afin de pouvoir se présenter au label ? Pour info, on fait bien du vin en Mayenne, il y a juste à rechercher sur le site de l'INAO les départements et régions productrices, c'est écrit noir sur blanc.
Pour mon deuxième compère, toujours dans l'anonymat le plus complet, je l'appellerai donc jusqu'au jour où il daignera se présenter "Attila". En effet ce sont les parcelles contiguës aux miennes qui sont en photo. J'en rajoute de plus même une qui cette fois ci est la preuve que mon voisin de parcelle à désherbé mon rang (volontairement ou involontairement, c'est mon organisme certificateur Ecocert qui en décidera). De toutes façons depuis 2007 je suis dans l'obligation d'exclure tous mes rangs mitoyens de ma production sous certification Agriculture Biologique. Je ne vous parle même pas des dérives de produits phytosanitaires lors des jours de vent. De ce fait je ferai donc remarquer que jusqu'ici je ne m'en suis jamais plaint, à noter quand même que pour un cas similaire sur l'appellation voisine de Bourgueil un viticulteur en conventionnel à été reconnu responsable, et c'est ainsi son assurance qui à remboursé les trois années de perte de certification du vigneron en Agriculture Biologique.
Si il n'y avait que 2 mètres juste, j'en arriverai presque à comprendre, mais c'est environ 3 mètres qui séparent les deux rangs...
Donc merci à Attila pour ses conseils avisés envers mes voisins, mais justement il me dit de faire ce qu'il me plaît dans mes vignes et mon chai, alors qu'aujourd'hui on ne souhaite pas (dixit Jules César) avoir de macérations carboniques en AOP Saint Nicolas de Bourgueil, et que je dois subir les pulvérisations intempestives de mes voisins de parcelles.
Pour JC, je me permet de lui rappeller, vu qu'il connait bien ma vie et ma famille apparement, que je nesuis pas en reste avec la promotion de mon AOC, il n'y a encore que deux ans, suite à une demande de l'ancien président du syndicat des vins (Mr Alain JAMET) j'ai fait venir toute une équipe de journalistes du "Rouge & le Blanc" pour un article de plus de 10 pages sur l'appellation Saint Nicolas de Bourgueil. J'avais même reçu à l'époque le remerciement de Mr RENOU, pas René le défunt président de l'INAO, mais Stéphane l'actuel président de l'ODG.
Pour finir, je tiens à préciser que je ne bloque jamais les commentaires sur mon blog, que celui-ci n'est pas une vitrine commerciale, mais un lieu d'échange d'opinions! Ainsi, pour tous les commentaires n'hésitez pas à laisser autre chose qu'un pseudo, je navigue bien pour ma part à découvert, faites en de même. Sinon ce n'est pas grave... je n'attends plus qu'une chose c'est une réponse aux 16 questions que j'ai fait parvenir à l'organe parisien de contrôle de l'INAO de Montreuil sous Bois.
suite...
toujours sans nouvelles de l'INAO au sujet de mon vin défectueux, nous venons de recevoir le "Berlot" (petit journal interne du syndicat des vins de Saint Nicolas de Bourgueil) qui se targue d'être parmi les ODG à avoir reçu les félicitations du jury de la part de notre organisme de contrôle le CIVT pour ses contrôles internes effectués l'an passé.
Bravo, j'en veux pour preuve que ça tourne pas mal ici, ça va même très très vite, et oui le désherbage total est toujours de mise (cf photo), l'herbe pousse rouge ou jaune à Saint Nicolas, deux mois d'avance sur la future possible sécheresse de cet été...
on voit quand même un peu de vert chez les voisins!
ce soir sur arte: notre poison quotidien!
A DIFFUSER TRES LARGEMENT ET SURTOUT RESERVER VOTRE SOIREE DU 15 MARS ET BON APPETIT !!!!!!
J'ai le plaisir de vous informer que le film "Notre poison quotidien" sera diffusé le 15 mars 2011 sur ARTE, à 20 heures 40.
Je commence aujourd'hui une série de papiers qui vont expliquer la démarche que j'ai suivie pour réaliser cette longue enquête qui m'a conduite dans six pays européens (France, Italie, Allemagne, Suisse, Grande Bretagne, Danemark), aux Etats Unis, au Canada, au Chili, et en Inde.
Pourquoi cette enquête?
Alors que je travaillais sur le passé et le présent peu glorieux de Monsanto et que je découvrais comment depuis sa création au début du XXème siècle la firme n'a cessé de cacher la haute toxicité de ses produits, je me suis posé *trois questions:
- Est-ce que le comportement de Monsanto constitue une *exception* dans l'histoire industrielle?
- Comment sont *réglementées les 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre environnement depuis la fin de la seconde guere mondiale?
- Y-a-t il un lien entre l'exposition à ces produits chimiques et "l'épidémie de maladies chroniques évitables" que l'*Organisation mondiale de la santé OMS) a constatée surtout dans les pays dits "développés"* ( les termes que j'ai mis entre guillemets sont ceux utilisés par l'OMS)?
Consciente que le champ d'investigation était très vaste, j'ai décidé de ne m'intéresser qu'aux seuls produits chimiques qui entrent en contact avec notre chaîne alimentaire du champ du paysan (pesticides) à l'assiette du consommateur (additifs et plastiques alimentaires).
Avant d'entreprendre mon nouveau tour du monde, j'ai réalisé un long travail de recherche* préparatoire qui a consisté à lire de nombreux livres (une centaine, essentiellement anglophones), rapports, études scientifiques et j'ai rencontré des experts (toxicologues, biologistes, représentants des agences de réglementation), soit directement lors de rendez-vous personnels ou lors de colloques spécialisés. J'ai aussi consulté les *archives d'organisations internationales comme l'OMS ou le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui dépend de la première.
Des infos http://robin.blog.arte.tv/category/notre-poison-quotidien/
Marie-Monique robin
Et pour illustrer et vous couper l'appétit : la "Recette de la tarte aux cerises"
Voici, la liste des produits chimiques utilisés pour la fabrication d'une tarte aux cerises de supermarché, depuis le champ de blé jusqu'à l'usine agro-alimentaire. Bon appétit!
Histoire de la Pâte
Pour obtenir la farine, les grains de blé ont été enrobés d'un fongicide avant semis.
Pendant sa culture, le blé a reçu de 2 à 6 traitements de pesticides selon les années, 1 traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d'éviter la verse et 1 dose importante d'engrais: 240 kg d'azote, 100 kg de phosphore et 100 kg de potassium à l'hectare, tout de même !
Le blé moissonné, dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone, puis arrosés au chlopyriphosméthyl.
Pour la mouture,
La farine reçoit du chlorure de nitrosyl, puis de l'acide ascorbique, de la farine de fève, du gluten et de l'amylase.
Ensuite, il faut faire lever la pâte. La poudre levante est traitée au silicate de calcium et l'amidon est blanchi au permanganate de potassium.
Pas de pâte sans corps gras. Ceux-ci reçoivent un antioxydant (pour éviter le rancissement) comme l'hydroxytoluène de butyl et un émulsifiant type lécithine.
Histoire de la Crème
La crème sur laquelle vont reposer les cerises se fait avec des oeufs, du lait, et même de l'huile.
* Les oeufs proviennent d'un élevage industriel où les poules sont nourries avec des granulés contenant des :
- antioxydants (E300 à E311),
- arômes,
- émulsifiants: alginate de calcium,
- conservateurs : acide formique,
- colorants : capsanthéine,
- agents liants: lignosulfate
- et enfin des appétants : glutamate de sodium, pour qu'elles puissent avaler tout ça.
Elles reçoivent aussi des antibiotiques, bien entendu, et surtout des anticoccidiens. Les oeufs, avant séchage, reçoivent desémulsifiants, des agents actifs de surface comme l'acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc.
* Le lait provient d'un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques :
- antibiotiques : flavophospholipol (F712) ou monensin-sodium (F714)
- antioxydants : ascorbate de sodium (F301), alphatocophérol de synthèse (F307), buthyl-hydrox-toluène (F321) ou éthoxyquine (E324),
- émulsifiants : alginate de propylène-glycol (F405) ou polyéthylène glycol (F496),
- conservateurs : acide acétique, acide tartrique (E334), acide propionique (F280) et ses dérivés (F281 à E284),
- composés azotés chimiques : urée (F801) ou diurédo-isobutane (F803),
- agents liants : stéarate de sodium,
- colorants : F131 ou F142
- et enfin des appétants pour que les vaches puissent manger tout ça, comme le glutamate de sodium.
* Les huiles, quant à elles, ont été :
- extraites par des solvants comme l'acétone,
- puis raffinées par action de l'acide sulfurique,
- puis lavage à chaud,
- neutralisées à la lessive de soude,
- décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium
- et désodorisées à 160°C avec du chlorure de zinc.
- Enfin, elles ont été recolorées à la curcumine.
La crème de la tarte, une fois fabriquée, reçoit des arômes et des stabilisants comme l'acide alginique (E400).
Histoire des Cerises
(complété d'après des éléments de "Aromathérapie" Jean Valnet 1990, Maloine)
Les cerisiers ont reçu pendant la saison entre 10 et 40 traitements de pesticides selon les années.
* Les cerises sont :
- Décolorées à l'anhydride sulfureux
- et recolorées de façon uniforme à l'acide carminique ou à l'érythrosine.
- Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d'aluminium
- et à la sortie, reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium (E202).
Elles sont enfin enduites d'un sucre qui provient de betteraves qui, comme les blés, ont reçu leur bonne dose d'engrais et de pesticides. Ce sucre est extrait par :
- défécation à la chaux et à l'anhydride sulfureux,
- puis décoloré au sulfoxylate de sodium,
- puis raffiné au norite et à l'alcool isopropylique.
- Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.
Par ces traitements, les cerises ayant donc perdu tout leur goût, il est nécessaire d'ajouter un parfum artificiel alimentaire. Ce parfum est une recréation synthétique du goût et de l'odeur à partir d'éléments artificiels issus de la chimie du pétrole aux prix de revient extrêmement faibles- par économie d'échelle - en comparaison du parfum naturel de fruit.
L'exemple développé est ici la cerise, mais de tels composés servent à recréer aussi bien des parfums artificiels de fraise, d'ananas, de framboise, de miel, de caramel, de muguet.. etc.
* Le parfum artificiel de cerise se compose donc des molécules synthétiques (donc à la stéréochimie inversée) suivantes :
- Acétate d'éthyle
- Acéthyl méthylcarbinol.
- Butyrate d'isoamyle
- Caproate d'éthyle
- Caprylate d'isoamyle
- Caprate d'ethyle
- Butyrate de terpenyle
- Géraniol
- Butyrate de geranyl - acetylacetate d'ethyle
- Héptanoate d'éthyle
- Aldéhyde benzoïque
- Aldéhyde p-toluique
- Vanilline
- Essence artificielle d'amande amère SAP
- Essence artificielle de girofle Bourbon
- Essence artificielle de cannelle Ceylan
- Essence de lie de vin.
Ce texte, consacré à "la tarte aux cerises de supermarché" a été rédigé par Claude Bourguignon, un ingénieur agronome qui travailla à l'INRA, avant de quitter l'honorable maison pour cause de désaccord. Spécialiste de la microbiologie des sols, c'est lui qui démontra, pour la première fois, que les sols cultivés à grand renfort d'engrais chimiques et de pesticides, étaient biologiquement ... morts. Tout ce qui fait la vie, et donc la qualité des terres, à savoir les populations microbiennes et fongiques, est détruit par les produits chimiques, conduisant à une perte des nutriments et à l'érosion des sols. Membre de la Société américaine de microbiologie – En France, il n' y a plus aucune chaire de microbiologie des sols, y compris à l'INRA! –
Claude Bourguignon a créé avec sa femme le Laboratoire d'analyse microbiologique des sols, qui intervient dans de nombreux pays, pour aider les agriculteurs à retrouver la fertilité de leurs sols.
une justice à deux vitesses!
tout d'abord un grand merci encore aux nombreux soutiens.
On se plaint toujours qu'en France la justice va à deux vitesses. En effet, quoi de plus nerveusement difficile que d'attendre une réponse de la part de personnes qui ne vous veulent que du bien (enfin qui sont plutôt persuadées de détenir la vérité, le saint Graal). Je vais sûrement être obligé dorénavant de cocher les jours supplémentaires qui s'effleurent jusqu'au jugement final. A vrai dire, dans les courriers que je reçois de la part de mon organisme d'inspection, je n'ai jamais que 10 jours ouvrés pour rendre réponse des accusations qui me sont proférées, soit en tout état de cause une date butoir du 14 mars (le petit soucis, procédure encore, il n'y a aucune date sur la feuille de réponse, ainsi dit mais que fait donc la justice).
Dès aujourd'hui, je me pose, enfin je pose une question:
Faut-il que le monde viticole respectueux de son terroir et de ses appellations, se regroupe, s'unisse, et revendique une nouvelle vision de nos AOC malmenées par des "Barons" (merci Bebert)?
J'attends vos réponses et réactions.
Et un 3, ça bloque encore...
Voici un extrait de la lettre que j'ai envoyé ce jour à mes contrôleurs, et autre INAO et Syndicat des vins.
"Suite au rapport d’inspection initial N°11/72 daté 17 février 2011, je vous rappelle ici ma demande initiale sur les résultats du contrôle et des défauts observés. N’ayant toujours pas reçu de la part de vos services, je réitère ma demande et vous remercie de bien vouloir m’indiquer, si :
• Les dégustateurs ont bien été choisis sur une liste arrêtée par le directeur de l'INAO sur proposition des syndicats de défense des appellations concernées. Je vous remercie de bien vouloir m’apporter tous les justificatifs à ce sujet (documents écrits et signés), qui sont très important pour moi. Il s’agit de comprendre comment votre organisme a pu obtenir des résultats si surprenants.
• Comme vous le savez, les bouteilles que j’utilise (bordelaises transparentes type vis) sont très personnalisées. Aussi je ne doute pas que conformément au cahier des charges, ces bouteilles ont été transvasées dans des bouteilles neutres. Je ne sais pas dans quelles conditions ce transvasement a été fait. Peut être est ce une des raisons des difficultés que vous évoquez. Il est impératif que vous m’indiquiez précisément les conditions de ce transvasement.
• Je vous remercie de bien vouloir m’adresser tous les justificatifs concernant la formation que chacun des dégustateurs a reçu conformément aux règles applicables.
Enfin, je vous serais reconnaissant de m’adresser la liste des dégustateurs, pour les trois collèges.
- L'organisme de défense et de gestion communique tous les documents nécessaires au suivi et au contrôle de son activité. Lorsqu'un organisme de défense et de gestion ne remplit plus les conditions auxquelles est subordonnée sa reconnaissance, prononcer, , le retrait de sa reconnaissance. »
Le contrat d’objectifs 2008-2010 de l’INAO indique quant à lui :
« La reconnaissance des ODG, chargés de missions d’intérêt général, est subordonnée au respect de certains principes essentiels, de transparence et de caractère démocratique d’organisation et de fonctionnement
.
« L'examen organoleptique auquel sont soumises les appellations d’origine est effectué par une commission composée de professionnels compétents et d’experts dans des conditions garantissant un examen indépendant et impartial des produits.
Comment ne pas penser maintenant à la directive suivante : INAO-DIR-2008-02 rev 2
Les ODG doivent veiller à dispenser les formations appropriées aux membres des jurys . Des évolutions du plan de contrôle ou d’inspection pourront si besoin être discutées à cette occasion.
Ainsi dit, vous affublez mon lot L.10/01-600/VIS de ces qualificatifs :
- Oxydé, le transvasement (obligatoire au regard du respect d’anonymat pour ce type de jugement) apparemment effectué par vos soins à bien été fait sous gaz inerte et ceci au plus proche de l’instant de la dégustation. Les différentes molécules suspectées éthanal, sotolon, o-aminoacétophénone se trouvent être la plus part du temps (environ au deux tiers) des critères olfactifs et organoleptiques de vins blancs. Quid ?
- Mauvais goût. La liste dont vous vous targuer d’étayer vos observations mise sur ces qualificatifs d’odeur et goût désagréables de futailles trop vieilles ou mal entretenues. Je vous rappelle qu’ici la vinification ainsi que le stockage et l’élevage de cette macération carbonique de cabernet franc issus de raisins en AOP Saint Nicolas de Bourgueil se trouve avoir été réalisée en cuve ciment avec revêtement époxy de la marque Bacchus (fabricant à Bourgueil). Vos jurés semblent donc avoir apposé une observation erronée lors de leur compte rendu final.
- Insuffisant, il est écrit dans votre liste ceci : liste 3 Dégustation : vin dont la couleur, les arômes et/ou les saveurs n’ont pas atteint la typicité minimum requise pour bénéficier de l’A.O.C. revendiquée.
Causes : diverses, défauts de constitution du raisin ou vinification inadaptée. Je note ici que l’ODG s’accorde donc à penser qu’une vinification adaptée permet de revendiquer l’AOC.
Je tiens juste donc à vous rappeler que dans le décret de notre appellation, il est écrit :
IX. ― Transformation, élaboration,
élevage, conditionnement, stockage
1° Dispositions générales :
Les vins sont vinifiés conformément aux usages locaux, loyaux et constants.
a) Réception et pressurage.
Pour les vins rouges, l’égrappage total est obligatoire sauf pour l’élaboration de cuvée en macération carbonique.
En conséquence de quoi, je me tourne donc vers vous afin de mieux comprendre ce résultat de contrôle. Etes vous sur et certains que les trois collèges de dégustations (techniciens (personnes justifiant d'une technicité reconnue pour travailler dans la filière)- porteurs de mémoire du produit (opérateurs habilités au sens de l'ordonnance ou retraités reconnus par la profession)- usagers du produit (restaurateurs et emplois de la restauration, opérateurs participant au commerce alimentaire, consommateurs avertis issus d’associations de consommateurs reconnues, toute personne proposée à l’ODG par l’organisme de contrôle,…) ont bien tous reçus la formation adéquate qui puisse leur permettre de juger mon vin. J’en suis quand même aujourd’hui venu à me demander si tous les critères auparavant décrits aux vues du second rapport d’inspection N°INS 11/90 daté du 4/03/11 qui :
- d’un premier temps passe le lot L.10/01-600/VIS d’une note de niveau 5 avec une gravité dit grave, inacceptable, à la note de niveau 3 avec une gravité dite Majeur et cette fois ci acceptable.
- d’un second temps se trouve être oxydée, de mauvais goût, insuffisante à rafle et de mauvais goût. Je ne reviendrai pas ici sur la notion d’insuffisance traitée plus haut, mais sur la notion de Rafle. Je vous rappelle ici que techniquement une macération se vaut d’être carbonique uniquement lorsque celle-ci est pratiquée en grappe entière. N’y aurait-il pas ici une erreur de la part de l’ODG sur la qualification des vins de cabernet franc issus de l’AOP Saint Nicolas de Bourgueil.
Je pense donc à ce jour que le défaut de formation quantitatif ainsi que qualitatif des jurés semble être la cause majeure de l’incompréhension qui nous unit autour de ce lot (L.10/01-600/VIS) de vin de Saint Nicolas de Bourgueil, et que le recours à une dégustation préliminaire spécifique de vins de Saint Nicolas de Bourgueil AOP issus de macération carbonique qui se doivent, au regard des règles de production, de contrôle être gardés sous forme d’œnothèque et de conservatoire par les ODG et autres organismes
De plus, vous écrivez en page 24 du cahier des charges du Comité d’inspection des Vins de Touraine, que les dégustations doivent se faire en silence et de façon individuelle. A l’issue de la phase descriptive chaque membre doit se prononcer individuellement sur le caractère acceptable ou non du lot. Je pense avoir l’assurance que vos services respectent le protocole qui veut, une concertation finale et pas une discussion d’influence finale de la part d’un des membres du jury, afin qu’un de ses collègues change son jugement (dégustation de Nouvelle expertise daté du 4/03/11) afin de remplir la fiche de synthèse.
En conclusion, il me semble important que vous répondiez dans les plus brefs délais à mes attentes et questionnements, de ce courrier bien sur, ainsi qu’à celui daté du 27/02/11. Je n’ose imaginer devoir me sentir obligé d’utiliser la voie juridictionnelle afin d’obtenir tous les documents concernant cette regrettable méprise organoleptique."
C'est sûrement indigeste à lire, la seule chose, c'est que lorsque vous êtes dans le viseur, vaut mieux savoir courir vite, ou alors se mettre de profil pour éviter les balles. J'attends donc avec expectative une réponse de mon organisme de contrôle. En tant qu'opérateur je n(ai que 10 jours ouvrés pour répondre et rendre ma décision, et je me dois d'attendre plus longtemps des réponses à mes questions.




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