Il y a des jours comme cela où la cocotte minute doit laisser siffler la soupape. Je suis du genre à toujours voir la bouteille à moitié pleine, mais c’est une accumulation de petites choses qui font les plus grandes explosions.

Bien sur la grêle (moins dévastatrice qu’à Vouvray hier matin) ça arrive, c’est malheureusement ça l’agriculture (des accidents climatiques quasi irréversibles), mais ça fout tout le monde en rogne de ne rien y pouvoir faire. Finalement on relativise en pensant fort à Bubugne, Vincent Carême et les autres…

En fait ce n’est pas le travail qui use dans ces moments là, c’est plutôt l’accumulation de stress. Pour tout dire, je n’ai pas écrit depuis longtemps par manque de temps c’est certain, mais surtout par ras de bol. Toute l’année on essaye de faire 110, 120, 130% de notre possible. Avancer, foncer (pas dans le mur) jusqu’à atteindre l’épuisement physique mais surtout moral.

2012 a été l’année de la Loose, alors pour que 2013 ne soit pas l’année de la B… j’ai pris comme résolution de n’échanger que du positivisme avec des personnes en phase ascendante psychologiquement avec ma pomme.

Ainsi pas de dégustations proposées pour les journaleux (journalistes, bloggeurs, sommeliers, etc…) sans que je ne sois présent avec eux. Tout le monde parle de signer le manifeste touche pas à mon vigneron https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/sauvons-le-droit-d-expression-de-nos-vignerons mais combien prennent le temps de réfléchir sur ce qu’est la vie vigneronne.

La critique est facile, l’art est difficile.

Il faut sans cesse remettre l’ouvrage sur le métier. Trop facile ces critiques « un peu trop simplistes ». Simpliste comme la dernière critique d’un « sommelier du web » sur un de mes vins. Dans la verve c’est un peu bien court jeune homme (comme dirait Cyrano), simpliste je suis, mais simple j’aime être, simplissime j’adorerai devenir,  se voir manichéen n’apporte pas plus que de l’être. Et c’est bien dans la simplicité que j’aime à me retrouver. Mare des costar cravates, et dans ce sens je resterai plutôt sommaire, rudimentaire voir superficiel pour ne pas tourner grossier. C’est aussi dans ce sens que je ne m’y retrouve plus dans tous ces « dégustateurs » prolixes, professionnels, mais qui ne sont pas faiseurs de rêve comme ils voudraient bien se l’entendre dire.

En effet, on entend souvent dans les discussions de brèves de comptoir qu’il y a en France 60 millions de sélectionneurs pour l’équipe de France de Football, combien « d’écrivains» enfin « d’écrits-vins » ont pris une année pour faire un cycle végétatif viticole complet ?

L’Art et la Manière, c’est bien peu que d’écrire en ce sens, mais pour les vins, c’est bien l’Art et la Matière qu’il faut considérer. Reflet de notre état d’esprit, gare à ceux qui suivent la mode (elle n’est qu’un éternel recommencement). Donner un sens à sa vie, c’est aussi donner un sens à son vin. Le partage, la communauté, l’envie de régaler son prochain fait partie intégrante de la « vie-gneronne ». Faire des bêtes de concours, ne régale et ne rassasie que l’esprit de celui qui les propose. L’au nanisme est  surement un défoulement personnel, mais l’échange nourrit bien plus. Ainsi donc le partage, la rencontre sont les véritables mamelles de la viticulture française. Il ne reste plus qu’une chose importante dans ces moments précis, être congruent. Dire ce que l’on fait, et surtout faire ce que l’on dit. Et tout simplement rester naturel.